History

The idea for the organization arose after an article in Le Nouvelliste newspaper dated April 9, 2012 – Grand’Anse, La Sante Mal Lotie ( see the article printed below http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/104023/GrandAnse-la-sante-mal-lotie.html)- about the dire conditions of St Antoine Hospital in Jeremie and the dying of patients because of insufficient medical equipment, medicine and adequate care at the hospital. The organizers met and shared experiences and challenges facing the remote county of Jeremie in the South of Haiti; and it was felt that there was a vacuum in the community and it was necessary to raise our community interests on issues related to health facing the hospital in Jeremie.

This meeting led to the formation of ST ANTOINE HOSPITAL FUNDS, INC. The name of St Antoine Hospital Funds was chosen by its members to signal their intent to join hands and to become the sponsor of future gatherings that would provide aid and offer assistance to the hospital in the county of Jeremie, Haiti.

STAHF will assist morally, materially and financially the Hospital in Jeremie, Haiti by providing medical supplies and supporting training programs.

It will seek to encourage retirees or volunteers with professional experience to volunteer and help the organization in its mission of  assisting the Hospital in Jeremie, Haiti.

It will form a health and education committee to monitor our assistance programs

Grand’Anse : la santé mal lotie

Le département de la Grand’Anse est traité en parent pauvre en matière de soins de santé. L’hôpital Saint-Antoine, le soi-disant centre hospitalier de référence du département, est dépourvu de tout, au point qu’on le compare à un centre de santé. Un triste tableau !

Haïti: Nous sommes le samedi 31 mars 2012. François, un motocycliste, est conduit en toute hâte par de bons samaritains à l’hôpital Saint-Antoine après avoir été mortellement heurté par un véhicule d’une ONG internationale. Le jeune homme, dans la trentaine, a rendu l’âme malgré l’intervention d’un médecin.

François est mort ! L’hôpital est en ébullition. Des dizaines de personnes envahissent la petite salle où le corps de la victime est exposé. On est comme dans un moulin, ou dans un marché public. Aucun médecin, ni infirmière, ni auxiliaire n’est remarqué sur place. Ils se mettent tous à l’abri. Ils ont raison. Car des jeunes garçons, apparemment des chauffeurs de taxi-moto, collègues de François, profèrent des menaces contre le personnel soignant de l’hôpital pour l’avoir laissé mourir.

« C’est dans ces conditions qu’on travaille ici, chuchotte un membre du petit personnel de l’hôpital qui suit la scène à distance. Ici, poursuit-elle, tout le monde est exposé. Les proches des malades n’acceptent pas qu’on leur demande d’attendre au dehors. Si le malade décède, on nous en rend responsables »

Les activités reprennent à la salle des urgences de l’hôpital avec l’arrivée de plusieurs policiers et d’un juge de paix pour le constat légal. Mais les commentaires sur le mauvais fonctionnement de l’hôpital continuent. En petits groupes, les gens se plaignent du triste sort qui est réservé à ceux qui viennent chercher des soins de santé à l’hôpital Saint-Antoine.

« L’hôpital ne fonctionne pas », estime Wiltler, un élève de philo venu voir le corps de François. « On doit faire du bruit pour avoir le service de l’un des rares médecins disponibles », déclare un jeune homme qui accompagne Witler. Comme beaucoup d’autres, il ne veut pas dévoiler son identité. « Mon père souffre d’hémoroïdes, l’hôpital ne dispose pas de spécialiste pour le soigner », rétorque un homme d’un certain âge qui se présente comme un notable de la ville.

Comment un hôpital de référence en est-il arrivé à cette situation ? « L’hôpital Saint-Antoine est politisé », répond le notable. « Est-il normal qu’un maire en fonction soit le directeur d’un l’hôpital », s’interroge à voix basse, l’un des personnages qui assiste à la conversation. « Tout est politisé à Jérémie », ajoute-t-il comme pour expliquer pourquoi la situation est comme elle est.  Continuer
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  Comme les samedis, l’administration de l’hôpital est fermée. Il n’y a aucun responsable sur place pour nous en parler. On apprend cependant que l’institution fait face à un problème chronique de ressources humaines spécialisées. Il ne dispose, par exemple, ni de chirurgien ni d’orthopédiste. Les médecins cubains qui aidaient à combler le vide dans certains domaines ne sont plus affectés à l’hôpital. Les travaux de réparation du bâtiment qui avaient débuté depuis un certains temps sont interrompus. Pas étonnant que des hôpitaux communaux soient mieux équipés ou jouissent d’une meilleure réputation que l’hôpital départemental. C’est le cas du centre hospitalier de Corail ou celui d’Anse-d’Hainault bénéficiant de la coopération cubaine.

La situation de l’hôpital Saint-Antoine résume le sombre tableau du système sanitaire dans le département de la Grand’Anse. Les problèmes d’infrastructures sanitaires y sont criants. Environ 50% du département, surtout dans les sections communales, n’est pas encore couvert par le système de santé. Pour tout le département, il n’y a que deux ambulances, l’une appartient à l’hôpital Saint-Antoine et l’autre à la Croix-Rouge haïtienne.

Jusqu’à récemment, il n’y avait que deux cliniques privées dans la ville de Jérémie. On constate depuis un certain temps l’ouverture de nouvelles cliniques à travers la ville. Elles échappent apparemment à tout contrôle des autorités sanitaires. Le département de la Grand’Anse reste donc un terrain fertile pour les charlatans. Ces derniers arrivent même à infiltrer certaines structures sanitaires publiques du département. Récemment, a révélé une source ayant requis l’anonymat, on a surpris dans le système certaines personnes qui se font passer pour des infirmières.

Ce n’est pas un hasard si le département de la Grand’Anse était parmi ceux, l’année dernière, qui ont enregistré le plus grand nombre de victimes du choléra à travers le pays. A côté de la faible couverture sanitaire, une bonne partie de la population ne dispose ni de latrines ni d’eau potable. Le directeur adjoint du département sanitaire de la Grand’Anse, le Dr Montinor Dady, annonce que des dispositions sont déjà prises pour éviter une flambée de choléra, semblable à celle de l’année dernière, dans le département. Il existe pour l’instant, d’après le Dr Dady, 10 points de pré-positionnement en termes d’intrants pour combattre le choléra. On prévoit d’implanter huit ITC avec 60 travailleurs de la santé.

Malgré l’assurance des responsables sanitaires de la Grand’Anse, le maire de Moron, Jorel Georges, redoute comme la peste une flambée de choléra dans sa commune. Plus de 350 victimes du choléra ont été enregistrées l’année dernière dans sa commune. « Les mêmes conditions sont réunies pour une propagation du choléra dans la zone », a-t-il constaté, ajoutant que la population n’a toujours ni eau potable ni latrines. On se rappelle encore les nombreux cas de lynchage de vaudouisants enregistrés, suite à l’apparition de la maladie dans le département de la Grand’Anse.

Le maire de Chambellan, Chevalier Vidal, craint aussi le choléra dans sa commune pendant la saison cyclonique. « Nous n’avons aucun moyen pour combattre le choléra »,indique-t-il en soulignant que le nombre de victimes s’élevait à près de 250 dans sa commune. Il demande par ailleurs aux autorités compétentes de prendre des dispositions pour empêcher que la population de Chambellan continue à mourir du choléra.

 
 
 
Les résidents de l’hôpital Saint-Antoine en grève

Les résidents en service social de l’hôpital Saint-Antoine (HSA) sont en grève depuis la semaine écoulée pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils évoluent. Dans une lettre adressée aux responsables de la santé de la Grand’Anse, les grévistes dénoncent des menaces de mort, l’état lamentable des infrastructures et la non-électrification de la résidence. En dépit de leur bonne volonté, les huit signataires de la lettre disent ne pas pouvoir travailler dans ce climat et demandent l’intervention des autorités concernées.

 

Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com